Chercheur d'origine algérienne, il veut remplacer le clavier par la voix

Gradium, qui compte moins de 25 salariés, a levé 100 millions de dollars, Nvidia figurant parmi ses actionnaires depuis juillet 2026.
Neil Zeghidour, chercheur d'origine algérienne, dirige Gradium, une start-up parisienne d'intelligence artificielle qui veut que les gens utilisent leur voix plutôt qu'un clavier.
Selon Algérie 360, Neil Zeghidour a 35 ans, deux enfants et dirige l'une des start-up d'IA les plus en vue en Europe. Ses modèles répondent en 50 millisecondes, une vitesse que M. Zeghidour décrit comme la plus rapide au monde.
De la finance à l'intelligence artificielle
Il a étudié les mathématiques financières à l'université Paris-Dauphine, puis effectué un stage en finance quantitative. Confronté au flux d'informations des marchés, il découvre l'apprentissage automatique et choisit un master spécialisé.
Il rédige ensuite sa thèse de doctorat chez Facebook, dont il devient le premier doctorant du laboratoire parisien. Son sujet porte sur la manière dont les bébés apprennent le langage, et sur la façon d'en tirer des algorithmes plus efficaces.
Il travaille sur l'audio et la reconnaissance vocale dès le début de sa carrière, puis rejoint Google Brain. Avec son futur associé Olivier Teboul, il y invente l'équivalent des grands modèles de langage pour l'audio.
Cette technologie, capable de générer aussi bien de la voix que de la musique, se trouve aujourd'hui à la base de Suno, d'ElevenLabs et du mode vocal d'OpenAI.
De Kyutai à Gradium
En 2023, il quitte Google pour cofonder Kyutai, un laboratoire de recherche à but non lucratif installé à Paris. Xavier Niel, Eric Schmidt et Rodolphe Saadé apportent 300 millions d'euros au projet. Seule consigne : travailler sur des sujets à fort impact.
Six mois plus tard, l'équipe dévoile Moshi, le premier modèle de conversation vocale en temps réel rendu public. Contrairement aux assistants classiques, il écoute et parle en même temps, comme le fait un humain. Ses travaux, publiés en accès libre, ont depuis inspiré de nombreux modèles à travers le monde.
Les demandes d'éditeurs de jeux vidéo et de fabricants de smartphones affluent. Cela le conduit à changer de cap.
En septembre 2025, il cofonde Gradium avec Olivier Teboul, Laurent Mazaré et Alexandre Défossez. La start-up naît comme une émanation de Kyutai, dont elle reste l'un des principaux actionnaires.
Gradium a levé pour la première fois 70 millions de dollars en décembre 2025, auprès d'investisseurs parmi lesquels Eric Schmidt et Xavier Niel. En juillet 2026, Nvidia est devenue actionnaire, et la levée de fonds a atteint 100 millions de dollars. La start-up a ouvert peu après un bureau dans la région de la baie de San Francisco.
Une voix déjà utilisée aujourd'hui
Avec moins de 25 salariés, Gradium fournit ses modèles vocaux à des développeurs du monde entier. Renault les utilise déjà, notamment pour les transitions vocales dans des listes de podcasts écoutées en voiture.
La start-up prévoit de couvrir bientôt environ 60 langues, dont l'arabe.
Zeghidour pense que la voix deviendra la principale interface entre les humains et les machines.
« J'ai hâte d'être au moment où l'on pourra se passer du clavier », a-t-il déclaré.
Il estime que la montée en puissance des agents d'IA, auxquels on parle en langage naturel, renforce ce changement. Il souligne toutefois que les modèles vocaux restent fragiles sur des tâches simples. Dicter un numéro de téléphone ou une plaque d'immatriculation pose encore problème à beaucoup d'entre eux.
L'entreprise met l'accent sur la fiabilité, la rapidité et des voix personnalisées, quel que soit l'accent.
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